Le parti Camp National salue patriotiquement le courage du peuple Haïtien, en particulier les ouvriers et ouvrières qui résistent aux gangs et à la misère partout dans le pays.
Après un an de gouvernance, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a échoué dans sa mission. Cette institution, dépourvue de légitimité et de représentativité, avait pour l’unique objectif de sauver la république des gangs afin d’organiser des élections démocratiques dans le pays. Le CPT a tenté de les contrer, mais sans mettre en place les mesures nécessaires pour les éliminer définitivement du paysage social et politique.
Les dirigeants de CPT qui ont signé l’accord du 3 avril 2024 visant à mettre en place des institutions essentielles pour la gouvernance démocratique de la république n’ont pas réussi à respecter leurs engagements. Par exemple, l’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale (OCAG), destiné à créer une contrebalance au sein du pouvoir de l’état, a été abandonné. Ainsi, le CPT impose au pays un régime où il cumule les fonctions exécutives, législatives et judiciaires, ce qui est considéré comme une dérive vers le totalitarisme.
Le résultat est évident au niveau national : les groupes armés se renforcent et manifestent leur supériorité face aux forces publiques nationales par des incursions territoriales réussies. Cela a entraîné des déplacements massifs des habitants des zones conquises, lesquels se réfugient sous des tentes précaires. Le CPT n’a pas été en mesure d’apporter une assistance adéquate aux victimes qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles, estimées à plusieurs centaines de milliers.
La lutte pour le contrôle du pouvoir politique et de l’administration publique entrave toute action concrète contre les gangs. Les fréquents déplacements à l’étranger suscitent la désapprobation générale des patriotes ; les nombreux scandales de corruption préoccupent les citoyens honnêtes de la république. L’inquiétude principale réside dans l’incapacité des dirigeants actuels à élaborer un plan complet pour combattre l’insécurité.
Le CPT est la principale composante de la classe politique haïtienne. Son résultat reflète celui d’une génération d’hommes politiques issue de l’après-dynastie duvaliérienne.
Bien que le Camp National ait exprimé des préoccupations, nous ne recommandons pas la démission immédiate du CPT. Les renvois précipités de gouvernements ont contribué aux difficultés actuelles du pays. Le Camp National pense qu’il existe une dernière opportunité pour instaurer la décence et la logique au sein de cette entité anachronique. Ainsi, nous présentons la proposition suivante :
Que huit (8) membres du CPT prennent une vacance de trois (3) mois, à l’exception de l’actuel coordonnateur, Mr Fritz Jean, qui restera en place pour diriger un gouvernement réduit d’exception composé de cinq (5) ministères, dont :
Le ministère de la Justice et de la Sécurité Publique
Le ministère de la Défense
Le ministère de l’Economie et des Finances
Le ministère des Affaires Étrangères et des Cultes
Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales.
Pendant ces trois (3) mois, toutes les ressources nationales seront recanalisées vers la lutte contre l’insécurité. Il n’y aura pas de premier ministre non plus pendant ce laps de temps.
Dans la République Romaine, en cas de circonstances extrêmement difficiles, un magistrat exceptionnel, nommé « dictateur », était désigné pour prendre des décisions cruciales en période de guerre. Ce dernier se voyait accorder des pouvoirs étendus qui étaient révoqués une fois la crise résolue. Lucius Quinctius Cincinnatus, ayant rempli cette fonction à plusieurs reprises, est historiquement reconnu comme un homme exceptionnel, exemplaire en vertu et dévoué à la République.
Fritz Jean, est-il de ce calibre d’intégrité, de vertu et de dévouement à la République ?
Après cette échéance de trois (3) mois, si le problème de l’insécurité n’est pas résolu a au moins 85%, automatiquement tous les membres seront déclarés démissionnaires. Le pouvoir sera remis à la « Cour de cassation » pour répéter la même formule de lutte contre les gangs.
Joel Leon – President
Frantzer Jean – Secrétaire exécutif
Philadelphia, Pennsylvania